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La place des femmes dans les syndicats en Europe

Le 8 mars est la « journée de la femme ». A propos, quelle place les femmes occupent dans les différents syndicats en Europe ? Une enquête de la Confédération européenne des syndicats fait le point.

La Confédération européenne des syndicats a récemment publié les résultats d’une enquête sur « les femmes dans les syndicats ». Conduite en 2002 auprès des confédérations syndicales nationales membres de la CES, cette enquête permet de disposer d’informations intéressantes.

Les 31 confédérations ayant répondu à l’enquête regroupent 1 671 organisations syndicales de secteurs et 1 808 organisations à caractère territorial. Elles représentent au total (hommes et femmes confondus) 41 944 430 membres affilié(e)s. Parmi ceux-ci, qu’en est-il de l’affiliation des femmes ?

Une minorité de confédérations (4 confédérations sur 31 soit 31 %) n’a pas été en mesure de communiquer le pourcentage de femmes affiliées en raison d’une part de l’absence d’un mode de traitement spécifique permettant de disposer de l’information et d’autre part, de l’absence de statistique prenant le sexe en considération. Il s’agit de la FGTB-Belgique, LO-Danemark, GSEE-Grèce et CGTP-IN-Portugal.

Chez les 27 autres confédérations, la proportion de femmes affiliées a pu être précisée. Elle s’élève en moyenne à 40 %.

Selon les confédérations, le taux d’affiliation s’étale de 18 % (UIL-Italie) à 68 % (STTK-Finlande). 26 confédérations évoquent divers obstacles à la syndicalisation des femmes.

Premièrement, la « présence importante des femmes dans les emplois atypiques » (14 confédérations le mentionnent) et « la méconnaissance des femmes vis-à-vis des avantages de la syndicalisation » (14 confédérations l’évoquent) sont les obstacles les plus fréquemment cités.

En second lieu, la « crainte de réactions négatives de l’employeur » est un facteur évoqué (12 confédérations).

Enfin, l’affiliation féminine est entravée par le « manque de temps en raison des responsabilités familiales » (11 confédérations).

Quelques confédérations issues des pays nordiques ont précisé ne pas rencontrer de problème pour affilier les femmes. Ces dernières sont parfois plus syndiquées que les hommes. D’autres également ont déclaré :« Les difficultés d’affiliation sont un phénomène mixte ».

(JPEG)

Cette enquête de la CES n’est pas la première du genre, la première ayant eu lieu en 1993, la suivante en 1999. Il ressort de la comparaison une légère augmentation du taux d’affiliation féminin, de l’ordre de 4 % en moyenne sur dix ans. Cette légère augmentation est-elle due à une augmentation du taux d’emploi féminin ou à des campagnes de sensibilisation ?

Observée selon le critère professionnel, l’enquête révèle des différences importantes.

Nom de la fédérationNombre total d’affiliations% de femmes affiliées
ETF transports-pêche 2 300 000 12 %
EFFAT agriculture-alimentation 2 600 000 30-40 %
FEM métallurgie 6 500 000 _
FEJ journalisme 280 000 37 %
EAEA arts-spectacles 200 000 > 30 %
EFBWW bâtiment-bois 2 300 000 5-10 %
EPSU services publics 8 000 000 > 50 %
EMCEF mines-chimie-énergie 2 500 000 _
UNI-EUROPA commerce-finances-telecoms 7 200 000 47 %
ETUF textile-habillement-cuir 1 500 000 60-70 %
ETUCE éducation 2 200 000 _

Selon les fédérations qui composent la CES, le taux de syndicalisation des femmes varie, en effet, de 12 % (transports-pêche) à près de 70 % des syndiqués (textile-habillement-cuir).


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