L'expert des relations

sociales et syndicales

Faut-il parler français au travail ? That is the question.

La loi Toubon entend défendre et promouvoir l'emploi de la langue française, notamment dans l'entreprise.

L'utilisation de l'anglais au travail est pourtant grandissante. Alors, faut-il parler français au travail ? That is the question...

La loi du 4 août 1994, dite loi Toubon (du nom du ministre de la culture et de la francophonie de l’époque) affirme l’importance de l’emploi de la langue française dans l’enseignement, le travail, les échanges et les services publics.

Appliquée à l’entreprise, cette loi modifie ou complète le code du travail ; elle ordonne l’usage du français dans la rédaction d’une convention collective, d’un contrat de travail, d’un règlement intérieur et de « tout document nécessaire au salarié pour l’exécution de son travail ».

Depuis sa promulgation, cette loi a fait l’objet de nombreux commentaires et de plusieurs décisions de justice affectant certaines grandes entreprises de dimension internationale d’origine française ou établies en France.

L’utilisation de l’anglais, pourtant si utile dans les relations d’affaires internationales, n’est, en effet, pas toujours d’une absolue nécessité dans les lieux de travail en France. A Condé sur Noireau, à Dompierre sur Besbre ou à Portet sur Garonne, il n’est pas assuré que l’usage grandissant de l’anglais dans les bureaux et les ateliers améliore la qualité au travail et la productivité de l’entreprise. Par mimétisme plus que par snobisme, nombreux sont les collaborateurs des entreprises qui se laissent gagner par l’emploi de mots ou d’expressions anglaises.

Pour ceux qui se sentiraient gênés de parler encore notre bonne langue française (dont l’utilisation a été généralisée à tout le pays par le célèbre édit de Villers-Cotterêts signé par François 1er ... en 1539), nous fournissons ici :
a) un lexique pour futur cadre ou employé « branché » : « en anglais, c’est plus chic »,
b) l’avant-projet d’une circulaire de l’Union européenne, envisageant de régler cette délicate question par l’utilisation de la seule langue française, progressivement aménagée pour devenir la langue commune à toute l’Europe.

1. En anglais, c’est plus chic.

(JPEG)

2. L’avant-projet de la circulaire européenne.

La Commission européenne a finalement tranché : après la monnaie unique, l’Union européenne va se doter d’une langue unique, à savoir le français. Un avant-projet de circulaire a été élaboré. Son contenu nous semble suffisamment important pour être porté aussitôt à votre connaissance. Sous toutes réserves cependant, puisque cette mesure devrait être promulguée en France le jour ouvré qui suivra immédiatement le 31 mars 2008 (lequel tombe un lundi).

a) Les étapes de l’élaboration de la circulaire.
Trois langues étaient en compétition : le français (parlé par le plus grand nombre de pays de l’Union), l’allemand (parlé par le plus grand nombre d’habitants de l’Union), l’anglais (langue internationale par excellence).

L’anglais a vite été éliminé, pour deux raisons :
-  l’anglais aurait été le cheval de Troie économique des Etats-Unis ;
-  les Britanniques ont vu leur influence limitée au profit du couple franco-allemand en raison de leur légendaire réticence à s’impliquer dans la construction européenne.

Le choix a fait l’objet d’un compromis, les Allemands ayant obtenu que l’orthographe du français, particulièrement délicate à maîtriser, soit réformée, dans le cadre d’un plan de cinq ans, afin d’aboutir à l’eurofrançais.

b) Le texte de l’avant-projet de circulaire.

(JPEG)

NB : Le lecteur aura compris que le jour ouvré qui suivra le 31 mars 2008 sera..... le 1er avril !


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