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5 février 2007
Les ONG (Organisations Non Gouvernementales) s’intéressaient naguère à l’action des gouvernements de la planète. Elles deviennent aujourd’hui des interlocuteurs directs des entreprises. Pourquoi cette évolution ? En quoi les sujets sociaux et sociétaux émergents (développement durable, responsabilité sociale des entreprises, éthique, etc.) se traduisent, pour les ONG, en revendications qui concernent les entreprises ? La relation ONG/entreprises s’inscrit dans un contexte historique où le rôle des acteurs tant publics que privés, évolue avec la gouvernance mondiale. Le renforcement du rôle des acteurs non gouvernementaux s’explique par une défaillance du rôle des pouvoirs publics. Et pourtant, le terme d’Organisation Non Gouvernementale (ONG) a été défini pour la première fois en 1946 afin de donner un droit de consultation dans l’enceinte des Nations Unies aux organisations qui ne relevaient pas d’un gouvernement. Les revendications de ces organisations concernaient alors essentiellement la défense des droits civils et politiques. En France, les définitions d’ONG et d’association se recoupent largement au travers des critères suivants : une origine privée, un but non lucratif, l’indépendance financière, l’indépendance politique et la notion d’intérêt public. Le fait de mener des actions à l’international constitue le critère de différenciation le plus communément utilisé pour distinguer ces acteurs, les associations ayant le plus souvent un mandat limité aux frontières nationales. Mais dans une conception anglo-saxonne, la notion d’ONG réuni des acteurs plus hétérogènes, tels que des groupements politiques ou religieux, les syndicats professionnels salariés et patronaux, les mutuelles... - Le glissement des années 1980 et 1990 -
- Des revendications grand public -
- Des méthodes de professionnels -Une troisième explication peut être apportée au regard de l’évolution du milieu associatif et humanitaire, dont le fonctionnement traditionnel semble de plus en plus inadapté aux enjeux contemporains. Le milieu associatif français a ainsi engagé depuis quelques années une réflexion importante sur son mode de fonctionnement avec des sujets comme la professionnalisation du recrutement, l’utilisation des techniques de marketing ou encore l’évaluation qualitative des projets. Autant de méthodes jusqu’alors réservées aux acteurs du secteur marchand. Ce glissement vers des pratiques dites professionnelles a contribué à rapprocher les entreprises des ONG. Ces dernières, longtemps targuées d’amateurisme, y ont gagné en crédibilité et en puissance pour faire passer leurs messages. - Un renforcement des relations -De plus, face à l’essoufflement des financements traditionnels, les ONG s’inscrivent dans une logique de diversification des sources, en particulier auprès des entreprises qui possèdent (en partie) les moyens financiers et matériels du changement. Les intérêts des unes (l’aspect financier) et les intérêts des uns (l’image) permettent un rapprochement sur la base de référents communs. Ainsi, l’ONG Action contre la Faim a développé plusieurs types de partenariats avec des entreprises comme la création de produits partage avec l’entreprise JVC ou les boulangeries Paul. Egalement la création de produits financiers solidaires en partenariat avec la Société Générale. La base de données WHO’S WHO ONG a été constitué pour faciliter les partenariats entreprises/ONG (http://www.wwo.fr). On voit donc dans le rapprochement ONG/entreprises des causes essentiellement structurelles et l’on peut raisonnablement imaginer un renforcement de leur relation. Longtemps, considérées comme des acteurs à part, ces organisations bénéficient aujourd’hui d’une audience de plus en plus favorable auprès du grand public et du secteur privé. La reproduction de cet article est possible, sans frais, en mentionnant la source et l’adresse internet de notre site. L’autorisation écrite préalable de la rédaction est nécessaire (info@istravail.com) |