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17 janvier 2008
Le 24 janvier, des négociations vont s’ouvrir sur le dialogue social, la négociation collective, la représentativité et les finances syndicales. Pour éclairer le débat, nous publions ici les résultats d’un sondage exclusif CSA de l’IST et E&P sur les préférences des salariés et des représentants du personnel, syndiqués et non-syndiqués, avec, en complément, les chiffres-clé sur la représentation du personnel en France et les éléments permettant de situer l’actualité du sujet. A la demande de l’Institut supérieur du travail et de Entreprise & Personnel, l’Institut CSA a mené une enquête auprès de 797 salariés du privé d’une part et de 602 élus du personnel d’autre part . Ce sondage vise principalement à étudier la perception que se font les salariés de leur représentation syndicale et l’image du syndicalisme auprès des élus du personnel dans le cadre de leurs attributions. Les principaux enseignements de ce sondage sont les suivants :
1. Les salariés portent un jugement plutôt mitigé sur leur représentation syndicale ![]() ![]() ![]() ![]() 2. Les regards croisés des élus sur l’apport du syndicalisme : des atouts et griefs divergents ![]() ![]() ![]() 3. La majorité des salariés et des élus se montrent rétifs à l’évolution des règles concernant l’élection des élus... ![]() ![]() ![]() 4. ... mais ils souhaitent le changement des règles relatives à la désignation des délégués syndicaux ![]() ![]()
Synthèse
1. Les salariés portent un jugement plutôt mitigé sur leur représentation syndicale Près d’un salarié sur deux, 47% (contre 49%), estime que les organisations syndicales nationales représentent bien les salariés. Lorsque l’on se place à un niveau personnel, ils se montrent plus sévères et ne sont plus que 38% (contre 50%) à se sentir bien représentés par celles-ci. Malgré tout, les syndicats implantés dans l’entreprise bénéficient d’une image légèrement positive : 34% des salariés jugent que les syndicats présents dans leur entreprise représentent bien les salariés (contre 32% d’avis inverses). Et l’écart se creuse favorablement lorsqu’ils se prononcent à titre personnel : 35% des salariés considèrent que les syndicats présents de leur entreprise les représentent bien contre 28% qui ne le pensent pas. Au final c’est davantage sur les critères de la force de mobilisation (33%), de l’expérience (32%) et de l’indépendance (31%) que les salariés accordent le plus de légitimité aux syndicats que sur le nombre de voix obtenues aux élections professionnelles (26%) ou d’adhérents (21%), ces suffrages étant placés au second plan. C’est pourquoi le retrait de la règle précisant que les cinq confédérations syndicales ne sont pas dans l’obligation de faire preuve de représentativité pour présenter des candidats n’est pas souhaité par la majorité des salariés : seuls 38% d’entre eux sont favorables à sa suppression contre 51% qui préfèrent son maintien. 2. Les regards croisés des élus sur l’apport du syndicalisme : des atouts et griefs divergents Selon les élus non syndiqués, l’inconvénient principal d’être un élu syndiqué réside dans la « réunionite » qui s’effectuerait au détriment du temps consacré aux salariés (c’est le cas pour 42% d’entre eux contre 38%) devant le fait de « se faire mal voir par le patron » (44% contre 46%) et la limite de l’étendue de leur représentativité (44% contre 53%). A l’inverse, pour les élus syndiqués, le principal inconvénient au syndicalisme est la méfiance des dirigeants de l’entreprise. « L’obligation » de parler au nom du syndicat et temps passé en réunion n’apparaissant qu’au second plan. Selon les élus syndiqués, l’avantage d’être syndiqué est surtout l’apport d’une aide juridique (94%), le soutien de leur organisation syndicale (92%) et les formations syndicales (91%). Notons que de leur côté les élus non syndiqués n’indiquent pas manquer spécialement d’aide juridique. 3. La majorité des salariés et des élus se montrent rétifs à l’évolution des règles concernant l’élection des élus... L’obligation de se syndiquer pour pouvoir se présenter aux élections dans l’entreprise n’est pas souhaitée par la majorité des personnes interrogées. En effet, 89% des élus non syndiqués, 60% des représentants du personnel et même 54% des élus syndiqués préfèrent la législation actuelle. D’ailleurs, sous cette hypothèse, 73% des élus non syndiqués déclarent qu’ils ne se seraient pas présentés aux élections contre 24% d’entre eux qui choisiraient de prendre une étiquette syndicale. Et au final, lorsque l’on simule deux élections de délégués du personnels l’une avec la présence d’une liste non syndiquée, l’autre sans, on observe principalement un report de voix de ceux qui avaient choisi la liste non syndiquée vers l’abstention. Ce même exercice a aussi été réalisé auprès des élus, où l’on constate un choix plus net vers l’abstention en cas d’absence de liste non syndiquée. 4. ... mais ils souhaitent le changement des règles relatives à la désignation des délégués syndicaux La possibilité de négociation des accords d’entreprise par d’autres représentants du personnel là où aucun délégué n’est présent fait presque l’unanimité pour les salariés et élus non syndiqués : 83% des premiers et 82% des seconds portent un jugement favorable à cette hypothèse. Sans surprise, cette possibilité est moins plébiscitée par les élus syndiqués mais recueille, tout de même, 65% d’opinions favorables auprès de cette population. L’obligation de désigner les délégués syndicaux uniquement parmi les élus du personnel est une règle jugée positivement par une majorité de salariés et d’élus. En effet, 65% des salariés, 61% des élus non syndiqués et 57% des élus syndiqués affirment être favorables à cette limitation de choix. ![]()
1) La représentativité des syndicats en France : actualité du débat. 2) La représentation du personnel en chiffres. 3) Qu’est-ce que l’IST ? 4) Qu’est-ce que Entreprise et Personnel ? 5) Pourquoi ce sondage ? Le chantier de recherche IST - E&P. 6) Programme de la journée d’actualité du 20 février 2008 et bulletin d’inscription.
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