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21 mars 2008
Autrefois hostile à l’Europe et absente de la Confédération européenne des syndicats (CES), la CGT a opéré en moins de dix ans un remarquable investissement militant pour occuper aujourd’hui une place de premier rang sur l’échiquier syndical européen. Lorsque, à son congrès de décembre 1995, la CGT se décide - non sans des réticences internes - à quitter la Fédération syndicale mondiale (FSM) à laquelle elle était rattachée, la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) et la fin de l’Union soviétique (25 décembre 1991) sont encore des événements récents. Objectif de cette désaffiliation : quitter une FSM devenue sans avenir depuis l’effondrement du communisme soviétique (la FSM avait été créée pour contrôler les syndicats est-européens et ouest-européens sous influence communiste) et tenter d’intégrer la Confédération européenne des syndicats (CES). Celle-ci, créée en 1973, regroupe la quasi-totalité des syndicats des pays libres d’Europe. Pour la France, en sont membres Force ouvrière, la CFDT et la CFTC. En 1996, la CGT formule une demande d’adhésion à la CES. Même si, dans le passé, des demandes avaient déjà été formulées en ce sens, celle-ci s’appuie sur l’espoir d’une réponse positive. N’étant plus membre de la FSM, organisation ouvertement anti-européenne, la CGT espère que l’argument mis en avant pour refuser son entrée à la CES ne sera pas repris. Il n’en est rien. Le comité de direction de la CES du 21 novembre 1996 rejette la demande, à l’invitation (notamment) de Nicole Notat (CFDT) qui parlait aussi au nom de Force ouvrière. Ce n’est que partie remise. Le 19 mars 1999, quelques jours seulement après l’arrivée de Bernard Thibault au secrétariat général de la CGT, le comité exécutif de la CES décide de proposer l’entrée de la CGT dans ses rangs. Le congrès de la CES (28 juin au 2 juillet 1999) confirme la décision, Force ouvrière votant contre. Dans « Le Peuple », organe officiel de la CGT, Joël Decaillon écrit dès le 31 mars 1999 sa satisfaction : « Beaucoup de “pain sur la planche” nous attend mais aussi beaucoup de possibilités pour une démarche unitaire au niveau français et européen afin d’agir par les revendications et les aspirations des salariés, des privés d’emploi, des retraités ». Il poursuit : « Une nouvelle partie s’engage. Rien n’est gagné, loin s’en faut. Mais nous y participerons avec volonté et conviction ». Depuis 1999, le chemin parcouru est impressionnant, que marquent quelques dates :
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La CFDT se trouve aujourd’hui sérieusement concurrencée par la CGT dans sa capacité à représenter le syndicalisme français aux yeux de ses partenaires internationaux. Force ouvrière, jadis pro-européenne, fait aujourd’hui du « sur-place ».
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