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8 août 2008
Chansonniers de l’Internet, cultivant l’humour caustique et décalé, Alexandre Castagnetti et Clément Marchand se sont associés dans La Chanson du dimanche pour un rendez-vous hebdomadaire sur leur site internet. Un an et demi de succès et, à l’automne prochain, leur premier album. Le succès du Petit Cheminot exprime bien, à sa façon, le regard que la génération des jeunes trentenaires porte sur le syndicalisme et les luttes sociales. Nos deux compères, nés respectivement en 1975 et 1976, ont un parcours des plus rangés jusqu’à leur entrée dans l’âge adulte. A Sup Telecom, où ils font connaissance, ils décident, leurs études achevées, de s’essayer à la musique et à la chanson. Un de leurs prédécesseurs avait eu une belle carrière sur le registre de l’humour décontracté et de la contestation gentille. On se souvient encore de lui, le chanteur Antoine, de son succès « Les élucubrations d’Antoine » (Antoine, va te faire couper les cheveux), puis de son évasion de la scène médiatique en pleine gloire. Le même Antoine était alors parti aux îles. Il en revint de longues années plus tard, pour vanter des produits de grande consommation dans des publicités télévisées. ![]() Alexandre et Clément n’en sont pas là et rien ne dit quelle sera leur voie. Pour l’heure, ils gèrent avec gentillesse le succès de leurs chansons diffusées depuis février 2007 chaque dimanche matin sur www.lachansondudimanche.com Excellents paroliers satiriques, mitrailleuses à mélodie, les compliments ne manquent pas à leur endroit, tel celui délivré par Eric Loret (Libération, 30 juin 2008) qui explique : « Si Clément et Alexandre ont eu un tel succès, et si foudroyant, c’est à l’évidence qu’ils expriment la gauche déçue, en chemise jaune et en bretelles, pères de famille et adolescents attardés à la fois (...) ». La chanson Petit Cheminot, qui n’a rien d’un soutien inconditionnel à Bernard Thibault ou à Didier Le Reste (« C’est qui, ces deux noms ? » diraient, avec plus de férocité encore, la génération des 20-30 ans, probablement plus indifférente encore à la question syndicale que celle de Alexandre et Clément), est un vrai morceau d’anthologie, pas franchement admiratif ni véritablement méchant. Une vraie et bonne satire, en somme. Nous avons le plaisir, avec l’aimable autorisation des auteurs, de vous la faire partager. Paroles J’arrive à Paris à l’aéroport Merci à lachansondudimanche.com La reproduction de cet article est possible, sans frais, en mentionnant la source et l’adresse internet de notre site. L’autorisation écrite préalable de la rédaction est nécessaire (info@istravail.com) |