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7 août 2001
Le " front " est calme en ce mois d’août, qui reste le traditionnel mois des congés payés. Les organisations syndicales préparent la rentrée, très explicitement comme Force ouvrière(www.force-ouvriere.fr) qui titre : " Agir à la rentrée : salaires, emploi, assurance-maladie/retraites ", ou bien en mettant l’accent sur des sujets particuliers : La CFTC (www.cftc.fr) fait son dernier edito du 18 juillet sur " notre participation dans les entreprises ", et met en avant les thèmes suivants :
La CFE-CGC (www.cfecgc.org) développe trois sujets :
SUD(www.multimania.com/g10) met l’accent, depuis quelques semaines déjà, sur un point : " Le départ du patronat est une opportunité pour une véritable réforme de la sécurité sociale ". Quant au MEDEF (www.medef.fr), ses derniers communiqués portent sur :
Ce point mérite d’être souligné, car le contraste est grand entre cette attitude des organisations syndicales représentatives et celle des grands médias, mais aussi de nombreuses ONG qui insistent quant à eux sur l’évènement politico-social le plus spectaculaire de ces derniers jours : le sommet du G8 à Gênes, et le cycle provocation-répression dont il a été l’illustration. Les grand médiasse font l’écho des enquêtes qui suivent, en Italie (" violences à Gênes, vote de confiance du Sénat en faveur du ministre de l’Intérieur ", " une enquête parlementaire va être ouverte ", " la justice italienne demande aux médias leurs photos, vidéos "), mais aussi en Angleterre, en Hollande (" Vingt-six manifestants antimondialisation arrêtés à Amsterdam "). Pour les ONGles sites d’ATTAC et du GSF (Genoa Social Forum) notamment ont lancé de multiples communiqués, dont ce dernier : " Au-delà des responsabilités de la police italienne, le G8 disqualifié par les évènements de Gênes ", concluant que " l’association continuera sans relâche, par l’information, la formation et l’action non-violente à mettre en évidence les ravages de la mondialisation libérale et à ouvrir les perspectives de politiques alternatives. Nous pensons qu’un autre monde que celui dont la réunion du G8 de Gênes a constitué la consternante caricature est possible. " A l’inverse, dans les organisation syndicales, c’est le mutisme complet.A l’étrangerrien sur ce sujet, sur aucun site syndical allemand, anglais, belge, espagnol, italien ou américain. Rien non plussur les sites des organisations mondiales ou européennes, comme la CISL qui " se préoccupe d’un nouveau rapport international faisant état de la violation des droits du travail au Cameroun ", et qui " condamne la Russie pour un accord conclu avec la Birmanie dans les domaines du nucléaire et de l’armement ", et qui encore " décrète une journée d’action mondiale pour la 4é conférence ministérielle de l’OMC ", sans autres commentaires. Sur le site de la CMTsur un communiqué de presse en date du 21 juin, intitulé : " La CMT et l’OMC : un dialogue, mais des désaccords " ; Et sur le site du TUACquatre documents de travail rigoureusement techniques. Sur les sites français, mutisme total également chez les organisations pré-citées, ce mutisme étant particulièrement notable à SUD, qui ne suit pas ATTAC sur son terrain. Faut-il interpréter cette divergence comme un changement significatif dans l’attitude de SUD, au moins en termes de tactique, ou de stratégie ? Seules la CGT, la CFDT, et la CNT rompent avec cette grande discrétionLa CGT la première chronologiquement, sous la forme de trois communiqués de presse :
La CFDTmuette jusqu’au 2 août, par un communiqué émis à cette date, intitulé : " Contestation de la mondialisation et violences lors du sommet de Gênes : l’ampleur de la violence et la terrible brutalité de la répression policière qui ont accompagné le sommet du G8 à Gênes les 21 et 22 juillet vont sans doute marquer un tournant dans l’organisation des réunions internationales des chefs d’Etat ou de gouvernement ". Propos à rapprocher de ceux du premier ministre, mais plus prudent que ceux de M. Jean-Luc Mélenchon, rapportés par A.P., estimant " qu’il faut supprimer le G8 directoire autoproclamé du monde ". La CNT plus " classiquement ", a mis un large bandeau en première page de son site, avec comme commentaires : " Carlo Guilliani, assassiné par les 8 pays les plus puissants. Mobilisons-nous contre la répression ".
On peut se demander quel sera l’impact de ces évènements sociaux sur les organisations syndicales traditionnelles, qui visiblement ont bien senti le " piège " (leur prudence sur le sujet en témoigne), mais qui ont du mal à " actualiser " leur image, aussi bien médiatique que sur le terrain, notamment auprès des jeunes générations entrant dans le monde du travail. Dans une société du spectacle où l’on engage rarement l’opinion publique à réfléchir au-delà du slogan et de l’événement éphémère, cette dialectique ne sera pas sans conséquence. La reproduction de cet article est possible, sans frais, en mentionnant la source et l’adresse internet de notre site. L’autorisation écrite préalable de la rédaction est nécessaire (info@istravail.com) |