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  • Dominique Andolfatto

Les adhérents de la CGT par fédération

{{Jusqu'en 2003, la CGT publiait le nombre de ses adhérents, fédération par fédération, puisque c'est sur la base de ces données que sont désignés les délégués participant au congrès confédéral. Mais, lors du dernier congrès en 2006 comme à l'occasion de la préparation de celui qui s'ouvre le 7 décembre à Nantes, la CGT n'a pas rendu public ses résultats par fédération. Ces informations ont toutefois circulé. Nous en présentons ici les principaux éléments, qui éclairent la sociologie de la CGT.}}


Six fédérations dominent dans les effectifs de la CGT : les Services publics (fonctionnaires des collectivités territoriales et des administrations déconcentrées), la Santé, les Mines-Energie (principalement EDF et GDF-Suez), les Métaux, la FAPT (ex-PTT), les Cheminots.


Ces six organisations représentent 55% des effectifs officiels de la CGT en 2008. Une seule appartient au secteur privé (métallurgie). Les autres appartiennent au secteur public ou sont très partiellement mixtes (principalement la Santé et, dans une moindre mesure, la FAPT).


Le tableau 1 (ci-dessous) détaille les effectifs par fédération et leur évolution depuis 1997. L’année 1997 correspond au dernier exercice clos, en termes d’effectifs, lors de la désignation de Bernard Thibault au secrétariat général de la CGT, en 1999. Ce tableau permet de mesurer l’évolution des effectifs par fédération au cours de trois mandats déjà accomplis par Bernard Thibault.


Tableau 1 : Les effectifs des fédérations CGT en 2008 et leur évolution depuis 1997 (source : trésorerie de la CGT et nos calculs)



NB : Pour les Officiers de la marine marchande : effectifs de 2007 ; pour les Ports et Docks : effectifs de 2006 (faute de données en 2008 ou 2007) ; pour les intérimaires, les données ne sont disponibles que pour 2007 et 2008 (le calcul de l’évolution n’est donc pas effectué) ; pour la FERC, l’évolution est calculée depuis 1996 (les effectifs de 1997, 199 8 et 1999 étant manifestement sous-évalués).

Personnel de santé et fonctionnaires en tête

Les évolutions par fédération sont contrastées et leur hiérarchie a été bouleversée depuis une dizaine d’années, comme le montre le tableau 2 ci-dessous.


Les deux principales fédérations sont aujourd’hui la Santé et les Services publics, ce qui est nouveau. La CGT aurait gagné - respectivement 17% et 45% - d’adhérents dans ces deux fédérations de 1997 à 2008. Elle se serait donc renforcée dans les personnels de santé et parmi les fonctionnaires locaux. Cette caractéristique se trouve partagée la CFDT, les deux organisations se rapprochant aussi par la sociologie de leurs adhérents.



A contrario, les fédérations plus historiques (Mines-Energies, Métaux, Cheminots...) connaissent un reflux parfois sensible.


L’évolution de la fédération des Métaux (qui demeure officiellement la première du secteur privé) n’est pas sans poser question. Ses effectifs avaient fondu au tournant des années 1970-1980 mais, depuis les années 1990, elle a beaucoup moins reculé que d’autres. On a pourtant assisté au cours de la même période à un recul considérable de l’emploi dans les différentes branches industrielles que couvre cette fédération. Si cette résistance de la fédération des Métaux correspond bien à une réalité humaine, cela signifierait que la CGT aurait donc réussi à élargir son audience relative dans ce secteur. Il y aurait même progression du taux de syndicalisation à la CGT dans ce vaste secteur.


Il est étonnant que le secrétaire général de la CGT ne souligne pas cette caractéristique. Cela resterait-il trop insuffisant à ses yeux (la fédération des métaux se donnant pour objectif 100 000 adhérents) ? Lors de son 38ème congrès, en 2008, à Lyon, la fédération des Métaux s’est toutefois félicitée de gagner des adhérents depuis 2005, tout en déplorant ses difficultés à « décoller des 65 000 adhérents ».



Tableau 2 : L’évolution de la hiérarchie entre les principales fédérations de la CGT entre 1997 et 2008 (en gras, les fédérations qui progressent dans cette hiérarchie ; en italique : celles qui reculent)




Dans l’industrie, seules 2 fédérations ont renforcé leurs positions au sein de la CGT depuis la fin des années 1990 : l’Agro-alimentaire (ses effectifs de 2008 représentent 119% de ceux de 1997) et la Chimie (102%, soit une quasi-stagnation).


Toutes les autres fédérations industrielles refluent, parfois très sensiblement comme le Textile (évidemment, un lien doit être établi avec la désindustrialisation). Mais ce dernier secteur conserverait encore 59% de ses forces de 1997, le Livre-Papier-Carton 69%, le Verre 73%, la Construction 86%, l’Armement (les Travailleurs de l’Etat dans le vocabulaire CGT) 88%, les Métaux 94%.


Outre ces fédérations industrielles, les Mines-Energie et les Cheminots sont également en recul.


En revanche, les fédérations qui ont le plus progressé depuis 1997 sont : le Commerce, la Santé, la Banque-Assurance, les Transports, le Spectacle, l’Agro-alimentaire, les Services publics.


Depuis 2004 (exercice clos de référence lors du dernier congrès de 2006), l’évolution des effectifs par fédération est présentée dans le tableau 3 ci-dessous. Les évolutions de court terme confirment celles observées depuis les années 1990. Les progressions les plus notables concernent le Commerce, la Santé, les Services Publics, l’Agro-alimentaire, pour ne citer que les fédérations les plus importantes.


Plus globalement, seules sept fédérations gagnent des adhérents. Deux fédérations ont stabilisé leurs résultats de 2004. Dix-huit fédérations déclinent. Les progressions ne concernent donc qu’une minorité d’organisations, totalisant 165 000 adhérents, soit un quart des effectifs officiels de la CGT et, en quelque sorte, les « îlots fertiles » d’un archipel qui tend toujours à se rétracter.


Tableau 3 : Évolution des effectifs officiels de la CGT par fédération depuis 2004 (indice base 100 en 2004)



NB : les évolutions des 2 premières fédérations du tableau ne sont pas représentatives de la réalité en raison d’une sous-déclaration d’effectifs en 2008.

57% des adhérents dans le public

Les effectifs des fédérations peuvent être répartis soit dans le secteur privé, soit dans le secteur public (fonction publique, entreprises publiques ou semi-publiques, organismes de protection sociale).


Une certaine indétermination caractérise quelques fédérations qui couvrent à la fois le secteur privé et le secteur public (Santé, FAPT). Cela explique que les chiffres par secteur ne soit pas absolus (voir le tableau 4, ci-dessous). Les « fourchettes » proposées tiennent compte de cette indétermination.


Le tableau 5 montre que, depuis la fin des années 1990, la répartition des effectifs par secteur est inchangée. Le secteur public domine nettement alors que plus de 70% des salariés travaillent dans le secteur privé.


La répartition sectorielle des effectifs de la CGT se démarque donc nettement de la structure du salariat. Cette déformation s’est accentuée depuis les années 1990 et il n’a pas été possible de la corriger.


Tableau 4 : Répartition des effectifs fédéraux officiels de la CGT par grand secteur d’activité (en % des effectifs).



Selon les statistiques internes de la CGT (établies en novembre 2009), 56,6% des adhérents de la CGT travailleraient dans le secteur public et 43,4% dans le secteur privé.


Selon ces mêmes informations, les deux tiers des adhérents sont des hommes. Tout en restant nettement majoritaire, leur proportion régresse. Les femmes constituent désormais quelque 34% des effectifs alors que - selon une enquête de 2006 - elles n’en représentaient que 28% (voir D. Andolfatto, D. Labbé, Les syndiqués en France, Ed. Liaisons, 2007).


Les moins de 35 ans représenteraient 15% des adhérents (dont 7% pour les seuls moins de 30 ans, soit un progrès de quelques dizaines de points depuis 2006) ; les adhérents de 35 ans à 55 ans : 57% ; ceux de 55 ans à 60 ans : 13% ; ceux de plus de 60 ans : 15%.


La CGT indique enfin que 7% de ses adhérents travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés. L’engagement syndical demeure bien corrélé avec la taille de l’établissement.


La CGT ne fournit aucune indication sur la composition sociologique de ses effectifs, sauf pour ce qui concerne les quelque 40 000 nouveaux adhérents qui auraient rejoint ses rangs depuis le 1er janvier 2009 : les 4/5 seraient ouvriers ou employés. L’enquête par sondage publiée lors du congrès de 2006 mentionnait que 40% des cégétistes étaient des ouvriers et 42% des employés.



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